Voici un article écrit par le Docteur Vétérinaire Elise Malandain attachée à
l'Unité de Médecine de l'Elevage de l'Ecole Nationale Vétérinaire de Maisons Alfort.
Pour l’éleveur passionné, il est souhaitable que des sujets non destinés à la
reproduction, et vendus comme animaux de compagnie, ne soient pas accouplés.
Face à ce problème, les éleveurs Outre-atlantique pratiquent depuis de
nombreuses années (plus de 15 ans) la stérilisation dite «précoce».
En France, les opérations, pratiquées à 3 mois, sont toujours l’objet de vives
polémiques.
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Stérilisation précoce et idées reçues
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On dit souvent que la stérilisation réalisée lors du jeune âge entraîne une
croissance réduite, et donc de petits individus. Or, les hormones sexuelles
(testostérone et oestradiol) interviennent dans la fermeture des cartilages
de croissance, ce qui pourrait au contraire laisser penser à une croissance
plus importante. Des études statistiques, réalisées aux Etats Unis, ne
montrent pas ou très peu de différence de fermeture des cartilages de
croissance et de taille adulte, que le chat ait été stérilisé à 7 semaines ou
à 7 mois. Eventuellement, il faut alors s’attendre à ce que le chaton soit
très légèrement plus grand en fin de croissance.
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| Les calculs urinaires chez le mâle |
La castration précoce du chat mâle a longtemps été accusée de favoriser
l’apparition de calculs urinaires, par diminution du diamètre de l’urètre
(conduit reliant la vessie au méat urinaire). Des mesures ont été réalisées
en comparant les diamètres urétraux de chats castrés à 7 semaines et à 7 mois
et n’ont montré aucune différence. La castration précoce n’est donc pas en
soi un risque supplémentaire de calculs urinaires.
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Bien que l’obésité puisse survenir chez tous les chats (castrés ou entiers)
et que l’activité et la nourriture jouent un rôle prépondérant, les animaux
castrés ont un risque d’obésité plus élevé, du fait d’une diminution des
besoins énergétiques liés à la castration.
La stérilisation précoce n’entraîne en tous cas pas de hausse de ce risque
par rapport à une stérilisation plus tardive. Il convient, quel que soit l’âge
de l’opération, d’adapter des mesures préventives de la prise de poids.
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Les avantages de la stérilisation précoce
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Les chattes castrées ont environ sept fois moins de risques que leurs
congénères intactes de développer une tumeur mammaire. Chez la chatte, ces
tumeurs sont d’ailleurs souvent de très mauvais pronostic (90% de malignité).
Pour réduire ce risque au maximum, il convient de stériliser les chattes avant
leurs premières chaleurs, ce qui n’est pas toujours le cas des femelles
opérées aux alentours de 7 ou 8 mois.
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| La reproduction non désirée |
Selon le même principe, nombreux sont les propriétaires de chattes qui pensent
bien faire en attendant que les premières chaleurs de la femelle soient
passées pour pratiquer la stérilisation, voir même qui partent du principe
qu’une chatte a « besoin » d’avoir une portée dans sa vie. Cette position,
terriblement anthropomorphique contribue au développement de la population de
chats errants en France, puisqu’il n’est pas toujours facile de placer les
chatons issus de ces portées.
Pour les chattes de race, cela conduit fréquemment à deux situations : soit
une mésalliance avec un sympathique (mais néanmoins peu adapté) chat de
gouttière, soit un accouplement non raisonné avec un mâle de la même race,
mais sans réelle sélection.
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| L’anesthésie du chaton : un risque majeur ? |
Il est évident que l’anesthésie d’un chaton de 2 mois est plus délicate, et
nécessite une expérience particulière. Ceci étant, pratiquée dans de bonnes
conditions, elle ne présente pas plus de risques que l’anesthésie d’un adulte.
L’état général du chaton est primordial : seuls des animaux en bonne santé, et
correctement vermifugés (attention au risque d’anémie) pourront être opérés.
Chez le chaton, le risque d’hypoglycémie est plus important que chez un adulte:
en effet, les chatons ont plus de mal à maintenir une glycémie normale en
l’absence de repas. La mise à jeun chez les chatons doit donc s’effectuer
plus tardivement. Un délai de 4 à 5 heures entre le dernier repas et l’acte
chirurgical doit être respecté. Dès que le réveil est complètement obtenu,
un repas devra être proposé dans l’heure. Ce repas, proposé à la clinique,
aura tout avantage à être sous forme humide ou réhydraté, pour compenser les
pertes en eau, proportionnellement plus importantes chez les animaux de petite
taille. Les gammes d’aliments vétérinaires proposent d’ailleurs des produits
parfaitement adaptés à cette indication. Enfin, les suites opératoires sont
souvent moins difficiles pour le chaton que pour l’adulte.
La stérilisation précoce est une alternative à la stérilisation tardive,
qui doit progressivement être prise en compte en France. Sans pour autant
la rendre systématique (attention à ne pas castrer de jeunes chatons qui
vont s’avérer être de formidables sujets pour la race !!).
Pour le chaton de race, comme pour celui de gouttière, c’est en tous cas
un moyen infaillible d‘éviter la naissance de portées non désirées.
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